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Giverny ! Charmant village s'allongeant au flanc d'un coteau non loin de Vernon... Giverny, nom célèbre grâce à la demeure choisie par un grand artiste.
Claude Monet vient au monde à Paris en 1840. Il passe son enfance et son adolescence au Havre. Il y rencontre entre 1858 et 1862 les peintres Eugène Boudin et Jongkind qui lui donnent le goût de la peinture en plein air. Il va à Paris étudier et rencontre Renoir, Sisley, Bazille. Il admire Manet et travaille à Trouville aux côtés de Courbet. En 1871, à Londres, il découvre Turner. C'est à cette époque qu'il commence à admirer et collectionner des estampes japonaises. Il se fixe à Argenteuil entre 1872 et 1878 et commence à travailler sur l'eau, dans une barque aménagée en atelier. Il a de graves difficultés d'argent. Il est marié avec Camille dont il a un enfant, Jean.
Sa femme accouche à Paris d'un second fils, Michel, et il a la douleur de la perdre de la tuberculose en 1879. Alice Hoschedé décide alors d'aider Claude et d'élever ses deux enfants avec les siens. Ils partent à Poissy que Monet déteste et, comme le bail se termine en avril 1883, il visite les confins du Vexin pour trouver un autre logement. De la portière du petit train entre Vernon et Gasny, il découvre Giverny où il déménage en compagnie d'Alice Hoschedé et de ses enfants. La palette éblouissante que le maître de Giverny voulut composer à quelques pas de sa maison, s'offre désormais aux regards des visiteurs. Il n'est plus besoin de savoir comment il fit son jardin. Il est bien certain qu'il le fit tel que son il le commanda successivement, aux invitations de chaque journée, pour la satisfaction de ses appétits de couleurs.
Son jardin est planté de fleurs pour pouvoir peindre les jours de pluie et par beau temps. Chaque jour, inlassablement, il va reproduire sur ses toiles les champs, les arbres, la Seine. Dans ce but, il fait l'acquisition d'un îlot, "l'île aux Orties", sur laquelle il possède une cabane et un bateau-atelier.
C'est ainsi qu'il aboutit à la fin de sa vie à la disparition de l'objet dans le tableau et c'est l'annonce de la peinture abstraite contemporaine.
Tout se reflète sur une surface qui n'est qu'illusion. Et ce sera enfin l'apothéose avec les "Décorations des Nymphéas" où d'un progressif effacement des formes naît le triomphe de la couleur. A l'époque où il s'installe à Giverny, il a les plus grandes difficultés financières et le marchand Durand-Ruel l'aide à vivre confortablement ainsi que sa nombreuse famille. Lorsqu'il devient plus connu et que ses toiles commencent à bien se vendre, il se décide à acheter la maison pour la somme de 22 000 francs. Il transforme alors le jardin, construit trois serres, achète de l'autre côté du chemin du Roy un terrain où après mille difficultés administratives il réussit à creuser le fameux étang et construit le Pont japonais d'après une esquisse, en 1895. Il se marie avec Alice Hoschedé en 1892; respectée et respectable, elle équilibre sa vie.
En 1899, il construit un second atelier très bien éclairé, à gauche du jardin, devant les serres. Il installe aussi un garage, une chambre noire pour la photographie, deux chambres à coucher. A cette époque, les marchands se disputent ses faveurs. Il confie ses toiles à Boussod et Valadon, aux frères Bernheim, à Georges Petit et Durand-Ruel s'en trouve fort meurtri. Mais c'est chez lui qu'il expose en 1900 une magnifique série de Nymphéas et devient célèbre en France, en Angleterre, aux Etats-Unis. C'est aussi en 1899 que meurt Suzanne, sa belle-fille, dont la perte laissera sa mère inconsolable. Les expositions, les voyages en Norvège, à Londres, en Italie, sur les côtes normandes se succèdent. En mai 1911, la disparition d'Alice, son épouse, le laisse désemparé. Il est heureusement entouré de sa belle-fille Blanche et de Georges-Clemenceau. Son fils Jean, époux de Blanche, meurt à son tour en 1914.
Opéré de lil droit en janvier et juillet 1923, il meurt neurasthénique et épuisé le 5 décembre 1926. |